INTERVIEW - Coulibaly Salimata Diarra, Présidente de l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA)

« Le cadre légal CEDEAO est un dispositif majeur à encourager qui va booster la protection des consommateurs dans la région »

Sexagénaire, madame Coulibaly Salimata Diarra porte les rêves de la première Association des Consommateurs au Mali, l’ASCOMA. Présente à l’atelier de Ouagadougou initié et organisé par le le PSQAO, elle partage dans cet entretien exclusif, le bien fondé de cette réunion régionale qui confère désormais à la protection des consommateurs de l’espace régional un cadre légal porté par la CEDEAO. Elle évoque, par ailleurs, les autres attentes des associations pour mieux sécuriser les consommateurs en matière de produits de consommation de bonne qualité.

PSQAO : Présentez-vous

Pdte ASCOMA : Je suis Mme Coulibaly Salimata Diarra, présidente de l’ASCOMA qui est la première association du genre au Mali depuis 1991.

 

Quel est l’état ou le niveau de la lutte pour la défense et la protection des consommateurs au Mali ?

Au Mali, la lutte pour la défense et la protection des consommateurs est en avance sur beaucoup de pays. Nous avons aujourd’hui une Loi de Protection des Consommateurs qui a été conçue avec notre forte implication. En tant qu’association, nous avons d’abord fait un avant projet de loi qui a été amendé, puis examiné à l’Assemblée nationale et supporté par le Ministre de commerce qui est notre ministre de tutelle. Cette loi est donc adoptée à notre grande satisfaction et le règlement est aussi disponible. Toujours autour de cette loi, il a été élaboré un programme de vulgarisation pour sillonner l’intérieur du pays afin d’expliquer le contenu de la loi, et permettre à tout le monde de s’en approprier. Ainsi, les gens de partout sauront le rôle qui est le leur pour booster la question de la consommation et de la protection des consommateurs en y contribuant évidement pour assurer le développement harmonieux et durable de tous en lien avec les besoins réels de la population. Vous convenez avec moi que si la population est armée et bien informée de ses droits de consommateurs, il y aura moins d’abus. Et si les abus sont réduits, le bien-être va être développé et le pays va avancer.

 

Aujourd’hui, il y a une dynamique en cours et grâce au PSQAO financé par l’UE et mise en œuvre par l’ONUDI, on a décidé de mettre en place un cadre légal CEDEAO favorable aux activités des Associations de consommateurs sur le terrain. Comment appréciez-vous cette initiative ?

Nous apprécions hautement cette initiative. En réalité, nous l’attendions vu que depuis longtemps, nous, Associations de consommateurs de l’espace CEDEAO, faisions des efforts épars qui ne permettent pas toujours d’atteindre les résultats escomptés et à temps. Aujourd’hui, nous sommes très heureux de savoir que le cadre légal est là. Les documents y afférents viennent d’être adoptés à l’unanimité des Associations de consommateurs représentées. Il sera désormais un cadre de référence que nous allons nous approprier, et faire en sorte qu’il soit pour nous un outil de plaidoyer auprès de la CEDEAO, de nos Gouvernants et même auprès d’autres institutions pour véritablement avancer dans nos PTA. Vous devinez donc la grande joie qui me comble. Avec ce cadre juridique régional, nous pouvons mener à bien nos activités : vérifier, dénoncer, lutter, défendre et protéger les consommateurs dans nos pays respectifs et en retour, nos dirigeants seront donc obligés de prendre en compte nos préoccupations. Je souhaite que nous puissions, tous ensemble (Associations de consommateurs), travailler dans le sens d’encourager nos responsables et dirigeants afin qu’ils nous accompagnent également dans ce vaste chantier de protection des consommateurs pour un espace CEDEAO mieux sécurisé en matière de qualité des produits.

 

En quoi ce cadre légal et ces documents ainsi adoptés seront utiles pour vous, Associations de consommateurs de la région CEDEAO, pour mener à bien vos activités ?

D’abord ! Une fois de retour au Mali, nous allons rendre compte des avancées enregistrées ici à Ouagadougou à travers la mise en place de ce nouveau cadre juridique et l’adoption des textes qui outillent et renforcent davantage les Associations de consommateurs de la région. Après, ensemble avec les membres, nous allons collégialement développer des idées qui découlent de ces avancées au niveau régional. Nous pourrons, peut-être, décider d’aller voir le Président de la République, ou les élus de l’Assemblée nationale pour trouver les voies et moyens idéaux afin que ce processus en cours, ne s’arrête point. Nous allons aussi réfléchir à comment nous pouvons être accompagnés par d’autres organisations de la société civile puisque seuls, nous ne pourrons pas tout faire. C’est en bloc et dans une unité d’action que nous pourrons aisément faire bouger les lignes et donner force à nos activités de défense et de protection des consommateurs sur le terrain. Encore une fois, je pense que le cadre légal de la CEDEAO est un dispositif majeur à encourager et qui va booster la défense et la protection des consommateurs dans la région.

 

Pour contourner les luttes éparses des organisations, est-ce que, par exemple, une Fédération des Associations de consommateurs de l’espace CEDEAO ne pourra pas mieux porter vos ambitions et les attentes des consommateurs ?

Absolument ! Il faut y aller. Nous avons mis du temps parce que parfois on commence, mais il y a des coupures involontaires. Nous avions fait de grands pas à un moment donné, mais quelque chose nous a encore coupé les herbes sous les pieds. Aujourd’hui, l’opportunité est là et nous ne devons pas hésiter. Comme on le dit chez moi en bambara : « Seul, on n’est rien, c’est ensemble qu’on est fort.» Nous sommes complémentaires, personne ne connaît tout. Donc ensemble, les idées se fédèrent ; les actions se construisent et les avancements sont visibles dans le cadre d’un développement durable, harmonieux et dans l’intérêt général.

 

Outre ce cadre légal CEDEAO désormais disponible, est-ce que vous avez encore des attentes en direction des parties prenantes du PSQAO pour l’accomplissement de vos activités ?

Je crois que nous avons encore énormément besoin de l’ONUDI pour nous accompagner par rapport à un certain nombre de ressources et moyens. Mais nous avons surtout besoin d’une détermination de la CEDEAO pour que le courant et l’élan que nous venons de prendre à Ouagadougou, dans le cadre de cet atelier dédié aux Associations de consommateurs de la région, ne s’estompent plus. Que nous puissions avancer véritablement vers quelque chose de très solide pour l’Afrique de l’Ouest en terme de cadre juridique, en terme d’organisation de la société civile pour accompagner les Gouvernants ; parce que chacun a des rôles et chacun a des limites. Donc ensemble, en jouant sur les différents leviers, nous pouvons soulever des montagnes. Et c’est ce que je souhaite pour l’Afrique de l’Ouest dans les meilleurs délais avec détermination.

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